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Importer un dépôt externe

Référence du flux d'import de dépôts externes dans gitrust : rôle de la base de données, schéma de séquence complet et pistes d'optimisation.

1. Rôle de la base de données

Pendant un import, la DB sert quatre fonctions distinctes :

RôleTableFréquence
File d'attente persistanteimport_jobs1 INSERT à la création
Suivi d'état pour l'UIimport_jobs1 UPDATE toutes les ~1.5 s
Enregistrement final du dépôtrepositories + resources2 INSERT à la fin
Journal d'auditaudit_log1 INSERT à la fin

Le clone lui-même ne passe jamais par la DB : seuls les métadonnées et compteurs de progression y transitent. Les objets Git sont écrits directement sur disque dans {GIT_REPOS_BASE_PATH}/{owner}/{slug}.git/.

Pourquoi persister l'état ?

  • Reprise après redémarrage : le serveur peut crasher pendant un clone de plusieurs minutes. La table permet de marquer ces jobs comme failed au redémarrage.
  • SSE : l'UI lit la progression via un endpoint SSE qui interroge la DB toutes les 2 s. Sans DB, il faudrait un canal in-memory plus un mécanisme de routage vers le bon client.
  • Multi-navigateurs : si l'utilisateur ferme l'onglet puis le rouvre, il retrouve l'état exact du job.
  • Audit / historique : conservation des imports passés avec leurs statistiques.

2. Schéma du flux actuel

sequenceDiagram
  autonumber
  participant UI as Navigateur
  participant H as Handler HTTP
  participant Svc as ImportService
  participant Chan as mpsc Channel
  participant W as ImportWorker
  participant G as git2 (libgit2)
  participant DB as PostgreSQL
  participant FS as Disque

  UI->>H: POST /import<br/>(url, slug, pat)
  H->>Svc: create_job
  Svc->>DB: INSERT import_jobs (pending)
  H->>Chan: try_send(ImportTask+PAT)
  H-->>UI: 302 /imports/{id}

  UI->>H: GET /imports/{id}/stream (SSE)
  Note over UI,H: EventSource ouvert

  Chan->>W: ImportTask
  W->>Svc: mark_running
  Svc->>DB: SELECT import_jobs<br/>UPDATE status=running

  W->>G: RepoBuilder.bare(true).clone()
  G->>FS: init_bare + fetch
  loop callbacks transfer_progress (flood)
    G-->>W: stats (objets/bytes)
    alt throttle 1500 ms écoulé
      W->>Svc: update_progress (tokio::spawn)
      Svc->>DB: SELECT + UPDATE import_jobs
    else dans le throttle
      W--xW: ignore
    end
  end

  loop toutes les 2 s
    H->>DB: SELECT import_jobs WHERE id=?
    DB-->>H: état courant
    H-->>UI: SSE event (JSON)
    UI->>UI: bar.value = percent
  end

  G-->>FS: objets écrits
  G-->>W: Ok

  W->>Svc: check cancel (SELECT import_jobs)
  W->>Svc: update_progress (Finalizing)
  Svc->>DB: SELECT + UPDATE

  W->>RepositoryService: create
  RepositoryService->>DB: INSERT resources<br/>INSERT repositories
  W->>DB: UPDATE repositories<br/>(import_source_url, is_empty=false)
  W->>Svc: mark_success
  Svc->>DB: SELECT + UPDATE import_jobs<br/>(status=success, duration)
  W->>AuditService: log REPO_IMPORTED
  AuditService->>DB: INSERT audit_log

  H->>DB: SELECT (prochain tick SSE)
  H-->>UI: terminal=true
  UI->>UI: window.location.reload()

3. Coût DB par import

Pour un clone de 90 secondes avec throttle 1500 ms :

ÉtapeOpérations DBCumul
create_job1 INSERT1
mark_running1 SELECT + 1 UPDATE3
update_progress pendant clone~60 x (1 SELECT + 1 UPDATE)123
check cancel1 SELECT124
update_progress finalizing1 SELECT + 1 UPDATE126
RepositoryService::create2 INSERT (repo + resource)128
update repositories1 UPDATE129
mark_success1 SELECT + 1 UPDATE131
audit log1 INSERT132
SSE stream (45 ticks à 2 s)45 SELECT177

~177 requêtes pour un import, dont 120+ sont des progress updates.

4. Pistes d'optimisation (sans changer libgit2)

4.1 Éliminer le SELECT avant UPDATE dans update_progress

update_progress fait actuellement load_model (SELECT) puis active.update(db) (UPDATE + RETURNING). Le SELECT est redondant : on connaît l'ID, on veut juste patcher 4 colonnes.

Gain : divise par 2 les requêtes de progression (~60 requêtes en moins pour un clone de 90 s).

Refonte suggérée avec UpdateMany (pattern déjà utilisé dans ci_service.rs::cancel_running_pipelines) :

import_job::Entity::update_many()
    .col_expr(Column::ReceivedObjects, Expr::value(received as i32))
    .col_expr(Column::TotalObjects, Expr::value(total as i32))
    .col_expr(Column::ReceivedBytes, Expr::value(bytes as i64))
    .col_expr(Column::Phase, Expr::value(phase.as_str()))
    .col_expr(Column::UpdatedAt, Expr::value(Utc::now()))
    .filter(Column::Id.eq(job_id))
    .exec(db)
    .await?;

Même principe pour mark_running, mark_success, mark_failed, mark_cancelled → toutes divisent leurs aller-retours DB par 2.

4.2 Downsampler la progression dans le worker (dédié)

Plan alternatif : le callback écrit simplement dans un tokio::sync::watch<TransferStats> (en mémoire, zéro DB). Une tâche dédiée consomme ce channel et UPDATE la DB à 1 Hz seulement.

flowchart LR
  G[git2 callback] -->|watch::send<br/>très haute fréquence| W[watch channel]
  W --> T[Tâche update<br/>ticker 1 Hz]
  T -->|1 UPDATE / s| DB

Gains :

  • 1 seul émetteur DB au lieu de N tokio::spawn concurrents → zéro contention sur le pool
  • Fréquence déterministe (1 Hz) indépendante de la vitesse réseau
  • Code plus clair (la tâche est async, on peut await sans détour)

4.3 Supprimer le RETURNING implicite de SeaORM

ActiveModel::update(db) renvoie le modèle complet via ... RETURNING *. Pour les progress updates, on n'utilise pas le retour. UpdateMany::exec n'émet pas de RETURNING → moins de bytes sur le wire, moins de désérialisation.

4.4 Pool DB dédié pour le worker

Aujourd'hui le worker partage le pool principal avec les handlers HTTP. Un pool de 4-8 connexions dédié au worker éviterait qu'un import sature le pool et fasse timeouter les requêtes utilisateur.

4.5 Debouncer le SSE côté serveur

Le SSE SELECT toutes les 2 s même quand rien ne change. Alternative : PostgreSQL LISTEN/NOTIFY sur une chaîne import_job_{uuid}. Chaque UPDATE émet un NOTIFY, la connexion SSE fait LISTEN → push direct, zéro polling.

Coût : nécessite une connexion DB dédiée par SSE (LISTEN est stateful). Compromis à évaluer.

5. Optimisation majeure : shell-out vers git clone --bare

Indépendant des optimisations DB mais de loin le plus gros gain. libgit2 est structurellement 2-5x plus lent que git CLI sur gros clones HTTPS (pas de multiplexage, résolution de deltas mono-threadée, etc.).

flowchart TB
  subgraph Actuel[Flux actuel — libgit2]
    A1[RepoBuilder::clone] --> A2[libgit2: fetch + resolve]
    A2 -->|lent 2-5x| A3[bare repo]
  end
  subgraph Cible[Flux optimisé — git CLI]
    B1[Command::new git] --> B2[git clone --bare --progress]
    B2 -->|stderr| B3[Parser regex<br/>Receiving objects: X%]
    B3 --> B4[update watch channel]
    B2 -->|vitesse native| B5[bare repo]
  end

Avantages :

  • Vitesse native (parité avec git CLI)
  • Progression native via stderr Receiving objects: 42% (368/876), 1.10 MiB | 2.05 MiB/s
  • HEAD correctement positionné (plus besoin du workaround RepoBuilder)
  • Moins de dépendance sur libgit2 pour le cas du clone initial

Contrepartie : binaire git requis sur le serveur (déjà le cas — utilisé par SbomService::git_archive).

6. Priorités recommandées

Si on voulait optimiser maintenant, ordre proposé :

  1. Shell-out git clone --bare — gain réel pour l'utilisateur (clone 3-5x plus rapide).
  2. update_many pour update_progress — divise la pression DB par 2, changement mécanique de ~20 lignes.
  3. watch channel + tâche 1 Hz — architecture plus propre, élimine les problèmes de pool.
  4. Pool DB dédié worker — filet de sécurité opérationnel.
  5. LISTEN/NOTIFY pour SSE — seulement si beaucoup de clients simultanés.

Les gains 2-4 sont utiles même avec libgit2 ; le gain 1 est le plus visible pour l'utilisateur final.